
Je ne suis pas l’époux ni l’enfant de la personne qui a rédigé le testament. Puis-je quand même le contester?
Il se peut que vous soyez choqué ou déçu par ce qu’indique un testament. Ou vous pourriez croire que le testament ne reflète pas les véritables intentions du défunt. Dans de tels cas, vous pourriez être en mesure de le contester. Il existe différentes façons de le faire. Renseignez-vous sur certains motifs courants pour contester un testament et sur les étapes pertinentes.
Ce que vous devriez savoir
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un testament peut être jugé invalide. (Nous les verrons ci-dessous.) Si un testament est prouvé invalide devant le tribunal, ses instructions seront ignorées.
Si un testament est invalide, le testament valide le plus récent du testateur est suivi. S’il n’y a pas de testament précédent, la succession sera partagée selon la loi comme s’il n’y avait jamais eu de testament. Pour cette raison, les contestations sont souvent faites par des bénéficiaires nommés dans des testaments antérieurs, ou par ceux qui auraient eu droit à une part s’il n’y avait pas eu de testament.
Contester un testament pour des raisons d’équité
Même si un testament est légalement valide, il peut être contesté au motif qu’il est injuste ou qu’il ne prévoit pas suffisamment pour quelqu’un. Seul l’époux ou l’enfant de la personne décédée peut présenter ce type de contestation. Il peut demander au tribunal de modifier les dispositions du testament s’il estime que la personne qui a fait le testament ne lui a pas laissé assez.
Selon la loi, il existe des exigences précises sur la façon dont un testament doit être signé et attesté. En général, pour qu’un testament soit valide :
il doit être signé sur la dernière page par le testateur devant deux témoins adultes
les témoins doivent être présents en même temps
les deux témoins doivent ensuite signer le testament devant le testateur
le testateur doit être âgé d’au moins 16 ans
S’il semble y avoir un problème concernant la façon dont un testament a été signé ou attesté, vous pourriez peut-être le contester. Mais si vous songez à le faire, sachez que le tribunal peut « corriger » un testament qui ne respecte pas ces exigences de forme. Pour ce faire, le tribunal doit être convaincu que le testament est authentique. Et qu’il consigne les dernières volontés du défunt. Le tribunal peut tenir compte de tout dossier, document, courriel ou message texte pour l’aider à connaître les intentions du défunt à l’égard de sa succession. En fait, le tribunal peut déclarer que l’un de ces documents constitue lui-même le testament, dans certaines circonstances.
« Mon cousin Sami a subi un AVC en 2010. Il a souffert de pertes de mémoire et de paralysie faciale. Il avait de la difficulté à marcher et à trouver ses mots. Il a suivi des mois de réadaptation pour son corps et son cerveau. En 2011, il a demandé à un avocat de l’aider à faire un testament. Dans ce testament, il m’a désigné, ainsi qu’un autre cousin, comme les seuls bénéficiaires. Sa sœur conteste maintenant le testament en soutenant que Sami n’était pas capable de le signer. Elle recevrait toute la succession de Sami si le tribunal conclut que son testament n’est pas valide. »
– Carl, Surrey, C.-B.

Même si un testament semble respecter les exigences techniques de la loi, un tribunal peut décider qu’il n’est pas valide si la personne qui a fait le testament n’avait pas la capacité mentale de le faire. Ce type de contestation est courant pour les testaments rédigés tard dans la vie. Ou lorsque la personne qui a fait le testament a une maladie qui pourrait affecter son jugement, comme la démence.
Une personne peut être excentrique, ou souffrir d’un certain trouble cognitif, et être quand même capable de faire un testament valide. Cependant, elle doit avoir la capacité testamentaire. Cela signifie qu’elle doit être capable de :
comprendre qu’elle fait un testament
comprendre que le testament détermine ce qu’il adviendra de ses biens après son décès
reconnaître la nature et la valeur de tous les biens qu’elle possède, y compris ceux qui seront transmis par le testament et en dehors du testament
comprendre qui sont ses proches parents et reconnaître que son testament devrait, si possible, prévoir adéquatement pour son conjoint et ses enfants, sans les exclure injustement
La capacité mentale peut changer avec le temps
La personne qui fait un testament doit avoir la capacité testamentaire lorsqu’elle donne des instructions à un avocat. Et aussi lorsqu’elle signe le testament : à ce moment-là, elle doit comprendre qu’elle signe un testament qui respecte ses instructions précédentes.
« J’ai grandi à Salmon Arm, mais j’ai déménagé à Vancouver peu après le secondaire. Quand maman est décédée, je m’inquiétais pour papa. Il n’avait personne d’autre autour de lui pour prendre soin de lui. Mais nous étions tout aussi têtus l’un que l’autre — papa ne voulait pas déménager en ville, et moi, je ne voulais pas revenir m’installer à la maison. Après la mort de papa, j’ai été bouleversée d’apprendre qu’il avait modifié son testament pour laisser une énorme somme d’argent à une nouvelle jeune amie, Shelby. Il ne l’avait mentionnée qu’en passant. Je suis convaincue qu’elle a profité de sa solitude et de sa vulnérabilité, et qu’elle l’a poussé à lui laisser de l’argent. »
– Serena, Vancouver, C.-B.

Des dispositions dans un testament qui semblent déraisonnables peuvent faire naître le soupçon que le testateur a subi de la pression, a été forcé ou influencé à les inclure. Le tribunal peut refuser tout don ou héritage s’il a été accordé en raison d’une influence indue exercée sur le testateur. Dans ces cas, le testament n’est pas considéré comme le reflet des véritables volontés du testateur.
La plupart des gens exercent un certain degré d’influence sur les personnes qu’ils aiment. Il n’y a rien de mal à suggérer à quelqu’un de se souvenir de vous dans son testament. Mais si vous le menacez, par exemple, de cesser de prendre soin de lui s’il ne vous laisse pas une plus grande part de sa succession, il s’agit alors d’influence indue. De même, vous ne pouvez pas :
menacer ou recourir à la violence
exercer une forte pression sur le testateur dans les derniers jours de sa vie
l’épuiser mentalement au point qu’il accepte vos demandes
l’isoler
dire constamment du mal de vos frères et sœurs pour amener votre parent à les exclure du testament
Le tribunal annulera tout testament qu’il croit avoir été fait sous l’effet d’une influence indue ou de la coercition. Selon la loi, si vous contestez un testament pour influence indue, vous devez démontrer qu’une personne était en position de profiter du testateur. (Ou, dans le langage juridique, de dominer le testateur ou de le rendre dépendant d’elle.) La personne que vous accusez d’un tel comportement devra alors prouver qu’elle n’a pas exercé d’influence indue sur le testateur. Si elle n’y parvient pas, le testament est invalide.
Si le testateur est décédé avant le 31 mars 2014
Si l’auteur du testament est décédé avant le 31 mars 2014, il sera plus difficile de contester le testament. C’est parce que la loi s’appliquait différemment avant cette date. À moins que vous présentiez une preuve que l’auteur du testament a réellement été influencé par une autre personne, le testament ne sera pas considéré comme invalide.
« Quand maman est décédée, j’ai été bouleversé d’apprendre que son testament disait de répartir sa succession “également entre ses filles”. Cela voulait dire que, comme son fils, j’avais été complètement exclu. Nous avions une très bonne relation. Ça n’avait tout simplement aucun sens! J’ai communiqué avec l’avocat qui avait aidé maman à rédiger son testament. Il a vérifié ses notes. Elles montraient que maman lui avait dit qu’elle voulait laisser une part égale à “tous mes enfants”. Mais l’avocat croyait que maman n’avait que des filles! Nous pouvons présenter une demande au tribunal pour corriger cette erreur, afin que le testament de maman reflète ses véritables volontés. »
– Joaquin, Kelowna, C.-B.

Il existe d’autres raisons pour lesquelles vous pourriez vouloir contester la façon dont la succession devrait être répartie :
Il y avait une erreur dans le testament. La personne qui a rédigé le testament a peut-être légué quelque chose qu’elle ne voulait pas léguer, en raison d’une erreur de sa part ou de celle de son avocat. L’erreur peut être causée par la fraude ou être accidentelle. La loi donne au tribunal de vastes pouvoirs pour rectifier (c’est-à-dire corriger) une erreur dans un testament.
La personne qui a rédigé le testament a révoqué son testament. Autrement dit, elle a annulé le testament.
Le langage utilisé dans un testament est vague ou incertain. L’exécuteur testamentaire devra peut-être s’adresser au tribunal pour faire interpréter le testament. Par exemple, le testament peut faire un don à un organisme de bienfaisance qui n’existe pas.
La personne qui a rédigé le testament n’a pas prévu de disposition pour une personne dans son testament. Pensez à un époux qui a contribué à l’achat d’un bien immobilier enregistré seulement au nom du défunt. Ou à un employé qui a travaillé dans l’entreprise de la personne qui a rédigé le testament pour une rémunération faible ou nulle. Ces personnes pouvaient s’attendre à ce que leur rôle dans l’« enrichissement » de la personne qui a rédigé le testament soit reflété dans le testament. Si vous voulez contester un testament pour des raisons semblables, parlez à un avocat d’une réclamation fondée sur une fiducie par interprétation ou d’une réclamation pour enrichissement sans cause .
Les étapes pour contester le testament
Si vous avez un problème comme ceux qui sont décrits, vous devriez consulter un avocat. Ces types de différends sont habituellement complexes. Votre meilleure chance de réussir est de vous faire accompagner par un expert dans le processus judiciaire.
Un avocat vous dira quelles étapes suivre, y compris quels documents vous devrez déposer au tribunal. Vous pourriez être en mesure de contester la validité du testament au moyen d’une preuve par affidavit; cela impliquerait de déposer des documents au tribunal. Ou vous pourriez devoir présenter une preuve orale au procès.
Quand vous essayez de trouver un avocat pour prendre votre cause, n’hésitez pas à magasiner. Demandez à chaque avocat combien cela coûtera. Vous devriez pouvoir obtenir quelques estimations gratuites.
Certains avocats peuvent accepter une entente d’honoraires conditionnels
Certains avocats peuvent accepter de recevoir un pourcentage de tout montant que vous obtenez de la succession à la suite d’une contestation réussie. C’est ce qu’on appelle une entente d’honoraires conditionnels. Avec ce type d’entente, un avocat ne vous facturera des honoraires juridiques que si vous gagnez la cause. Plusieurs avocats exigeront quand même que vous payiez certaines dépenses appelées débours, même si vous n’avez pas gain de cause. Le Law Society of BC (le Barreau de la C.-B.) offre plus d’information sur ce type d’entente d’honoraires.
Si vous voulez contester la validité d’un testament, ou autrement vous opposer à la délivrance de l’homologation du testament ou des lettres d’administration, vous devriez déposer immédiatement un avis de contestation auprès du Probate registry (greffe du tribunal d'homologation des testaments). Ce document suspend la procédure. Il empêche le tribunal de délivrer une ordonnance tant que l’avis n’est pas retiré ou annulé. L’avis expire après 12 mois et peut être renouvelé.
Le dépôt d’un avis vous donne un peu de temps. Parlez à un avocat pour vous aider à déterminer les prochaines étapes. Pour contester la validité d’un testament, cela signifie généralement déposer un document appelé requête afin d’entamer une procédure judiciaire. La requête comprend un exposé des faits à l’appui de votre demande. Vous devez aussi déposer une preuve écrite sous serment pour appuyer ces faits.
Il y a des délais, appelés délais de prescription, qui doivent être respectés si vous voulez contester un testament. Si vous ne respectez pas ces délais, il pourrait être trop tard. Si vous envisagez de contester la validité d’un testament, il y a généralement un délai de prescription de deux ans pour présenter votre demande. Cela signifie que vous devez commencer votre procédure judiciaire dans les deux ans suivant la date à laquelle vous savez — ou auriez raisonnablement dû savoir — que vous avez une demande.
Si vous voulez entreprendre une procédure judiciaire, vous devriez communiquer avec un avocat tout de suite pour discuter de vos options.
Les délais de prescription varient
Certaines autres demandes au tribunal ont des délais de prescription plus courts. Si, par exemple, vous présentez une demande en modification du testament en tant qu’époux ou enfant du testateur, vous n’avez que 180 jours pour présenter votre demande à compter de la date à laquelle l’homologation du testament ou les lettres d’administration sont délivrées. Nous avons plus d’information sur la façon de contester le testament de votre époux ou de votre parent.
Si vous demandez au tribunal de rectifier (c’est-à-dire corriger) une erreur dans le testament, vous avez 180 jours pour présenter votre demande à compter de la date à laquelle l’homologation ou les lettres d’administration sont délivrées. Par exemple, l’avocat pourrait avoir commis une erreur de rédaction.
Essayez d’intenter votre action avant que le testament ne soit homologué. Il sera plus difficile de récupérer l’argent qui a déjà été distribué si vous avez trop tardé. L’homologation est une procédure judiciaire qui confirme que le testament est légalement valide. Un exécuteur testamentaire ne peut généralement pas distribuer une succession avant 210 jours après la délivrance d’une homologation du testament. Après ce délai, il peut commencer à distribuer la succession si aucune demande n’est faite contre celle-ci.
Questions fréquentes
S’il n’y a pas de testament, la succession du défunt est répartie conformément à la loi. En général, elle revient à l’époux, aux enfants et aux descendants (par exemple, les petits-enfants). S’il n’y a ni époux ni descendants, la succession ira à d’autres membres de la famille. Notre information sur ce qui se passe lorsqu’une personne décède sans testament explique plus en détail comment une succession est partagée s’il n’y a pas de testament.
Il existe d’autres options que d’aller au tribunal. Cela comprend la médiation et les négociations en vue d’un règlement. Si vous voulez régler le différend hors cour, gardez l’esprit ouvert. Essayez d’être souple et créatif quant aux solutions qui pourraient fonctionner.
Vous devriez quand même déposer un avis de différend. Cela indiquera au tribunal de ne pas délivrer une homologation du testament ou des lettres d’administration. Sans cette autorisation, l’exécuteur testamentaire ne distribue généralement pas la succession. Cela vous donnera un peu de temps pour essayer de régler les questions avec les autres parties.
En général, un exécuteur testamentaire doit être nommé comme partie à toute procédure judiciaire liée à la succession. Habituellement, ses frais juridiques sont payés en totalité à même les fonds de la succession. (Le fait qu’il joue ou non un rôle important dans la procédure dépend du type de demande qui est présentée.) En fin de compte, toutefois, c’est au tribunal de décider qui doit payer quels frais.
Qui peut vous aider

Cliniques de conseils juridiques d’Access Pro Bono
Des avocats bénévoles offrent 30 minutes de conseils juridiques gratuits aux personnes à revenu faible ou modeste.

Clinique juridique Everyone Legal de Access Pro Bono
Les juristes offrent des services abordables à tarif fixe pour divers problèmes juridiques de la vie courante.

BC Legal Referral Service (Service d’aiguillage juridique de la C.-B.)
Vous aide à entrer en contact avec un avocat, un notaire ou un parajuriste pour une consultation gratuite de 15 à 30 minutes afin de voir si vous voulez l’embaucher.

Répertoire juridique de la C.-B.
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