
Une microagression peut constituer de la discrimination.
« Wow, vous parlez tellement bien anglais! »
« Vous êtes plutôt jolie pour une fille trans. »
« Comme vous êtes autochtone, vous avez sûrement ça gratuitement, n’est-ce pas? »
Des commentaires comme ceux-ci sont souvent faits de façon banale. Mais ce sont des exemples de microagressions, des remarques ou insultes du quotidien visant des personnes d’un groupe marginalisé. Apprenez comment les microagressions sont une forme de discrimination, et comment vous pouvez y répondre.
Avertissement
Cette page décrit des expériences de discrimination, y compris le racisme et l’homophobie. Elle peut faire resurgir des souvenirs ou des émotions difficiles ou traumatisants.
Ce que vous devez savoir
Les microagressions sont des interactions brèves et courantes qui communiquent des points de vue négatifs envers un groupe en particulier. Par définition, elles sont subtiles ou indirectes. Beaucoup sont involontaires et sont commises par une personne qui ne se rend pas compte de l’effet de ses paroles ou de ses gestes.
Les microagressions reposent généralement sur des stéréotypes et des préjugés inconscients. Ces attitudes ne sont pas créées dans le vide. Elles sont liées aux façons de faire et de voir les choses dans une société, et elles en sont issues. Cela signifie que, même si les microagressions peuvent être involontaires, elles reproduisent et renforcent souvent des systèmes d’oppression.
Qu’elles soient intentionnelles ou non, les microagressions peuvent constituer de la discrimination. Il y a discrimination lorsqu’une personne est mal traitée en raison d’un aspect de son identité qui est protégé par les lois sur les droits de la personne. Ces caractéristiques protégées comprennent la race, l’identité autochtone, l’orientation sexuelle et l’âge d’une personne (pour la liste complète, consultez notre guide sur la discrimination).
Contrairement à des formes de discrimination plus évidentes (par exemple, être congédié parce que vous êtes enceinte), les microagressions peuvent être difficiles à prouver. Mais comme forme de discrimination au quotidien, il est important de les reconnaître et d’y répondre. Ci-dessous, nous vous proposons une approche en quatre étapes.
Une microagression indique un manque de respect. Elle insulte ou rabaisse une personne en raison d’hypothèses ou de stéréotypes liés à une partie de son identité — par exemple, sa race, son identité de genre ou sa religion.
Plusieurs marqueurs identitaires entrent souvent en jeu en même temps. La façon dont ces marqueurs se croisent peut aggraver l’expérience de discrimination d’une personne. Par exemple, pour une personne des Premières Nations et transgenre, son expérience unique de la discrimination sera probablement influencée par son genre et son identité autochtone.
Comme son nom l’indique, une microagression peut sembler mineure. Mais avec le temps, ces incidents s’accumulent et peuvent causer de graves torts psychologiques, et même physiques, aux personnes qui les vivent. Ils renforcent aussi les préjugés implicites et les inégalités systémiques dans un milieu de travail, une salle de classe ou un autre espace.
« En prenant une bière, je racontais à des collègues un moment embarrassant que j’avais vécu avec un client. Quelqu’un a dit : “C’est tellement gai !” Je l’ai pris à part après et je lui ai expliqué pourquoi cette expression est problématique. Je voyais bien qu’il se sentait vraiment mal. Il avait l’habitude de dire ça sans se rendre compte que cela pouvait blesser quelqu’un. »
– T.J., Kelowna, C.-B.

Les microagressions arrivent partout — au travail, à l’école, à l’épicerie. Souvent, elles surviennent dans des conversations ordinaires de tous les jours. Voici quelques exemples :
Demandé à une personne autochtone ou racialisée : « D’où venez-vous vraiment? » Cette question donne l’impression que la personne racialisée n’a pas sa place ici. Et elle place la personne qui pose la question comme si, elle, avait sa place.
Dit à une personne queer : « Vous n’avez pas l’air gai. » Cela laisse entendre que les personnes queer se comportent toutes d’une certaine façon. C’est déjà problématique. Cela suggère aussi qu’être « typiquement gai » est d’une certaine manière indésirable.
Dit par une personne ayant des identités privilégiées : « Tout le monde peut gagner correctement sa vie s’il travaille assez fort. » Cela nie le fait que la discrimination systémique joue un rôle dans la réussite d’une personne dans la vie.
Demandé à une femme : “Pourquoi ne souriez-vous pas plus souvent? » Cela laisse entendre que les femmes devraient toujours être agréables ou soumises.
Un geste ou un type de comportement peut aussi être une microagression. Par exemple :
Quelqu’un lève les yeux au ciel lorsqu’une personne en situation de handicap décrit les effets du handicap sur sa vie quotidienne. Cela invalide le vécu de la personne en situation de handicap.
Quelqu’un serre ses objets de valeur contre lui quand un homme noir s’approche. Ce comportement renforce le stéréotype selon lequel les hommes noirs sont menaçants ou violents.
Un employé de magasin ignore une personne autochtone ou racialisée qui demande de l’aide. Cela laisse entendre que les personnes racialisées n’ont pas droit au même niveau de service ou d’attention que les personnes blanches.
Des microagressions comme celles-ci passent habituellement inaperçues. Mais elles peuvent devenir une « mort par mille coupures ». Avec le temps, elles s’accumulent et nuisent souvent à la santé mentale et au bien-être d’une personne.
Si vous êtes témoin d’une microagression ou si vous en vivez une, il peut être utile de réagir. Ensuite, nous vous proposons des conseils sur la façon de le faire.
Réagir à une microagression
Décider comment réagir — et s’il faut même réagir — à une microagression peut être stressant. Vous pourriez avoir l’impression que cela ne vaut pas la peine d’en faire tout un cas. Surtout si la personne qui commet la microagression est quelqu’un de proche, comme un ami ou un membre de votre famille. Mais surtout si vous êtes dans une position de privilège, vous avez l’occasion d’aider à dénoncer les microagressions.
Si vous pensez avoir vécu ou été témoin d’une microagression, envisagez cette approche en quatre étapes.
La première étape consiste à reconnaître qu’une microagression s’est produite. Cela peut être difficile, puisqu’elles sont souvent subtiles. Parfois, elles sont même déguisées en compliments : « Les personnes noires sont tellement bonnes dans les sports! »
Si vous êtes la personne qui subit une interaction discriminatoire brève ou subtile, vous pourriez vous demander « Est-ce que j’ai bien entendu ça? » ou « Est-ce que ça vient vraiment de se passer? » S’il y avait d’autres personnes qui ont été témoins de l’incident, vous pouvez leur demander ce qu’elles ont vu ou entendu. Elles peuvent vous aider à confirmer votre propre version des faits. Mais à moins qu’il s’agisse de quelqu’un en qui vous avez confiance, il se peut que vous ne soyez pas à l’aise d’en parler. C’est tout à fait normal, et c’est correct de le garder pour vous.
Communiquez avec nous pour obtenir de l’aide
S’il n’y avait personne pour être témoin de la microagression, envisagez d’en parler à un ami proche ou à un membre de votre famille qui pourrait avoir des expériences vécues semblables aux vôtres. Discuter de l’incident avec une personne en qui vous avez confiance peut vous aider à rassembler vos idées. De plus, avoir le soutien de quelqu’un peut aider à atténuer la douleur de la situation.
Si une microagression s’est produite, pesez les avantages et les inconvénients avant de répondre. Demandez-vous : si je réponds :
Ma sécurité physique sera-t-elle en danger?
Est-ce que cela mènera à une dispute?
Comment cela affectera-t-il ma relation avec cette personne?
Est-ce que cela me causera plus de traumatisme émotionnel?
Et, si je ne réponds pas :
Vais-je regretter de n’avoir rien dit?
Est-ce que cela envoie le message que j’approuve ce comportement ou ce commentaire?
Si vous êtes la cible d’une microagression, vous n’êtes pas obligé de répondre. Si vous pensez que cela ferait plus de mal que de bien, ne vous sentez pas mal de laisser passer. Il est important de prioriser votre propre bien-être aussi. Faites attention à ne pas intérioriser la microagression. Reconnaissez que vos sentiments sont valides, même si ce n’est qu’en vous-même.
Utilisez votre privilège et faites-vous entendre
Si vous êtes témoin d’une microagression et que vous avez des identités privilégiées, dites quelque chose. Que cela vous plaise ou non, votre privilège peut donner plus de poids à votre opinion aux yeux de l’auteur de l’offense ou de l’institution.
Avant de répondre, réfléchissez à ce que vous essayez d’accomplir. Votre but est-il d’informer la personne et de l’aider à comprendre pourquoi ce qu’elle a fait était mal? Prenez-vous la défense de quelqu’un? Peut-être voulez-vous attirer l’attention sur un commentaire qui passerait habituellement inaperçu?
Si vous avez un objectif clair, cela aidera à orienter votre réponse. Si vous cherchez à informer, vous pourriez commencer avec curiosité. Il peut même être approprié d’aborder la question en privé. Si vous défendez quelqu’un, vous pourriez être plus ferme. Mais faites attention de ne pas attirer encore plus l’attention sur la personne touchée.
En règle générale, soyez affirmatif, tout en vous permettant d’être vulnérable et honnête. Comme les microagressions découlent habituellement de préjugés inconscients, la personne peut ne pas savoir qu’elle en a commis une. Concentrez-vous donc sur les paroles ou les gestes, et non sur la personne qui les a posés.
Faire face aux microagressions demande du courage et de la pratique. Voici quelques tactiques (avec des exemples) que vous pouvez utiliser pour vous faciliter la tâche.
1. Demandez des précisions
“Pouvez-vous expliquer un peu plus ce que vous voulez dire par là?”
2. Distinguez l’intention de l’impact
“Je sais que vous ne vous en êtes pas rendu compte, mais quand vous [insérer commentaire/comportement], c’était blessant/offensant parce que [insérer raison]. La prochaine fois, vous pourriez peut-être [insérer commentaire/comportement différent].”
3. Faites part de votre propre expérience ou de votre réflexion
“J’ai remarqué que vous [insérer commentaire/comportement]. De mon point de vue, voici comment cela a été vécu.”
“J’ai remarqué que vous [insérer commentaire/comportement]. Moi aussi, avant, je faisais/disais ça, mais ensuite j’ai appris [insérer expérience].
Comme il est décrit ci-dessus dans la section sur ce que vous devriez savoir, une microagression peut constituer de la discrimination. Il y a discrimination lorsqu’une personne est mal traitée en raison d’un aspect de son identité qui est protégé par les lois sur les droits de la personne, comme sa race, son identité autochtone, son orientation sexuelle ou son âge. Notre guide d’introduction à la discrimination peut vous aider à déterminer si vous avez subi de la discrimination et quelles autres démarches vous pourriez envisager. Par exemple, vous pourriez faire part de vos préoccupations de façon plus officielle ou déposer une plainte en matière de droits de la personne.
Si vous commettez une microagression
« J’ai récemment rencontré une amie. Elle est noire et actrice professionnelle. Je lui ai dit que c’était bien que les agences voient la nécessité d’offrir plus de possibilités aux personnes racisées. J’ai dit : “Je parie que ça a été bon pour votre carrière.” Elle a grimacé, et j’ai compris que mon commentaire avait été insensible. Je me suis immédiatement excusé, et je lui ai dit que j’avais eu tort de dire cela. Je lui ai demandé de me parler de ce que son expérience a été.”
– R.S., Vancouver, C.-B.

Nous sommes tous humains. Nous faisons tous des erreurs, y compris commettre des microagressions. Parfois, vous pouvez en être conscient. D’autres fois, il faut que quelqu’un d’autre vous le fasse remarquer. Dans tous les cas, nous vous proposons une approche en trois étapes pour reconnaître l’erreur et en tirer des leçons.
Si vous pensez avoir commis une microagression, reconnaissez-le. Tout le monde fait des erreurs. Cela ne fait pas de vous une mauvaise personne. Mais vous devez mieux prendre conscience de vos préjugés et de l’effet que vous avez sur les autres. Si quelqu’un vous fait remarquer que vous avez commis une microagression, résistez à l’envie de vous mettre sur la défensive. Demandez-lui de vous expliquer son point de vue.
Voici quelques façons possibles de répondre :
« Merci de me faire assez confiance pour porter cela à mon attention. »
« Je sens que ce que j’ai dit était blessant. Pouvez-vous me dire comment vous vous êtes senti? »
Offrez des excuses sincères. Reconnaissez l’impact que votre commentaire ou votre comportement a eu sur la personne. Par exemple :
« Je suis désolé que vous ayez eu à vivre cela, et maintenant me voilà en train de faire la même chose sans le vouloir. Je vais faire des efforts pour m’améliorer. »
« Je suis désolé d’avoir dit quelque chose de blessant et d’insensible. Je veux que vous vous sentiez en sécurité et à l’aise avec moi. Je veux en entendre davantage pour pouvoir en tirer des leçons. »
Faites preuve d’empathie et de curiosité envers l’expérience de l’autre personne. Écoutez ce qu’elle a à dire — votre priorité devrait être de lui faire sentir qu’elle est écoutée. Utilisez cette expérience comme une occasion de mieux comprendre vos propres préjugés personnels. Il faut du temps et de la pratique pour éviter de commettre des microagressions. Relevez le défi.
Qui peut vous aider

BC Human Rights Tribunal (Tribunal des droits de la personne de la C.-B.)
Reçoit et règle les plaintes pour discrimination en vertu de la loi de la C.-B.

Commission canadienne des droits de la personne
Traite les plaintes pour discrimination en vertu de la loi fédérale sur les droits de la personne.

BC Human Rights Clinic
Offre une assistance et une représentation gratuites aux personnes admissibles à de l’aide pour une plainte pour discrimination en vertu de la loi de la C.-B.

Cliniques de conseils juridiques d’Access Pro Bono
Des avocats bénévoles offrent 30 minutes de conseils juridiques gratuits aux personnes à revenu faible ou modeste.

Clinique juridique Everyone Legal de Access Pro Bono
Les juristes offrent des services abordables à tarif fixe pour divers problèmes juridiques de la vie courante.

BC Legal Referral Service (Service d’aiguillage juridique de la C.-B.)
Vous aide à entrer en contact avec un avocat, un notaire ou un parajuriste pour une consultation gratuite de 15 à 30 minutes afin de voir si vous voulez l’embaucher.

Répertoire juridique de la C.-B.
Cherchez un avocat par collectivité, domaine de droit ou langue parlée. De la Canadian Bar Association, BC Branch.
