Vous avez acheté une voiture d’occasion et seulement quelques jours plus tard, elle est tombée en panne. Votre mécanicien dit que le problème coûtera mille dollars à réparer. Que pouvez-vous faire? Vos options varient selon plusieurs facteurs, y compris la personne à qui vous avez acheté la voiture. Renseignez-vous sur vos droits et options juridiques si vous avez acheté d’un vendeur privé. (Si vous avez acheté d’un concessionnaire automobile, consultez cette page.)
Ce que vous devez savoir
Quand vous achetez une voiture d’occasion, vous n’avez aucun recours si l’une ou l’autre des situations suivantes s’applique :
Vous n’êtes tout simplement pas satisfait du prix que vous avez payé. En C.-B., il n’y a pas de délai de réflexion une fois que vous avez conclu une entente pour acheter un véhicule d’occasion. Cela veut dire que vous ne pourrez pas annuler l’entente simplement parce que vous avez changé d’idée ou parce que votre situation a changé.
Vous avez inspecté le véhicule et vous auriez dû remarquer le problème — par exemple, la voiture tremblait quand vous l’avez essayée. Pour déterminer si vous auriez dû remarquer le problème, on se demande si une personne moyenne l’aurait constaté.
On vous a parlé du problème au moment de l’achat du véhicule et quelqu’un vous a expliqué clairement ce que cela voulait dire.
Vous avez causé le problème.
Quand vous pouvez vous retirer de l’entente
En C.-B., il n’existe pas de droit légal général de retourner un véhicule une fois que vous en avez pris possession. Mais s’il y a un problème avec le véhicule ou avec la façon dont il vous a été vendu, vous pourriez être en mesure d’annuler l’entente. Lisez la suite pour en savoir plus.
Lorsque vous achetez un véhicule d’occasion d’un vendeur particulier, certaines conditions sont prévues par la loi.
Le vendeur doit avoir le droit de vendre le véhicule. Il doit aussi vous dire s’il y a des privilèges sur le véhicule.
Le véhicule doit être tel que décrit par le vendeur.
Le véhicule doit être durable pendant une période raisonnable.
Ces conditions sont parfois appelées la garantie légale. Elles sont établies par cette loi. Elles s’appliquent que le vendeur les mentionne ou non. Elles s’ajoutent à toute garantie fournie par le vendeur ou le fabricant.
Ventes « telles quelles »
En vertu de la garantie légale, un véhicule acheté d’un vendeur privé doit correspondre à sa description et avoir une durabilité raisonnable. Cette garantie légale peut être exclue pour les biens usagés. Cependant, toute tentative du vendeur pour faire renoncer l’acheteur à ces conditions doit être formulée dans un langage clair et sans ambiguïté. Comme expliqué ici, le simple fait de dire qu’un véhicule est vendu « tel quel » pourrait ne pas suffire.
« Droit de vendre le véhicule », « tel que décrit », « raisonnablement durable ». Que signifient ces conditions?
Que signifie « droit de vendre le véhicule »?
Un vendeur privé doit avoir légalement le droit de vendre le véhicule. Cela signifie qu’il doit en avoir le titre de propriété, ce qui fait de lui le propriétaire légitime.
Si le vendeur n’a pas le droit de vendre le véhicule, il a contrevenu à la garantie légale.
De plus, un vendeur privé doit vous dire s’il existe des privilèges sur le véhicule. Un privilège est une réclamation légale sur le bien d’une autre personne pour s’assurer qu’elle paie une dette. Par exemple, une banque qui prête de l’argent pour aider quelqu’un à acheter une voiture peut enregistrer un privilège sur la voiture au cas où le propriétaire ne rembourserait pas le prêt. Si le propriétaire ne rembourse pas le prêt, la voiture peut être saisie comme paiement.
Que signifie « tel que décrit »?
Le véhicule doit correspondre à la description du vendeur dans sa publicité et à toute déclaration qu’il a faite au moment de la vente ou avant celle-ci.
Par exemple, si l’annonce d’un vendeur indique que le véhicule a la traction intégrale, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas, le véhicule ne correspond pas à la description. Le vendeur ne respecte pas la promesse légale de fournir le véhicule tel que décrit.
Que signifie « durable pendant une période raisonnable »?
Dans le cas d’un véhicule d’occasion, pas énormément. On ne s’attend pas à ce qu’un véhicule d’occasion dure aussi longtemps qu’un véhicule neuf. Le caractère « raisonnable » de la durabilité dépend de nombreux facteurs, notamment :
l’âge et l’état du véhicule
le prix payé
la nature du problème
la possibilité de découvrir le problème
l’utilisation du véhicule après l’achat
Si le moteur tombe complètement en panne une semaine après l’achat, dans le cadre d’une conduite normale, il est très possible qu’il y ait eu manquement à la condition de durabilité, comme nous l’expliquons ici. Mais pas nécessairement. Par exemple, dans une affaire, une voiture de huit ans ayant 140,000 kms, achetée pour 5,700, a été jugée durable pendant une période raisonnable même si son moteur est tombé en panne après un mois de conduite normale.
À mesure que les véhicules vieillissent, ils ont plus de problèmes
Plus un véhicule est âgé et plus il a parcouru de kilomètres, plus il est probable que quelque chose tombe en panne dans le cadre normal de la conduite. Les problèmes non détectés qui découlent de l’âge et de l’usure normale d’un véhicule d’occasion ne constituent pas une violation de la garantie implicite de durabilité.
En plus de la garantie légale, vous êtes protégé contre toute fausse déclaration au sujet du véhicule. Autrement dit, le vendeur ne doit pas vous dire quelque chose sur le véhicule qui n’est pas vrai. Cela s’applique à sa publicité et à toute déclaration qu’il fait au moment de la vente ou avant. Par exemple, si vous demandez au vendeur si le véhicule a déjà eu un accident, qu’il dit non, et qu’il s’avère qu’il savait qu’il avait eu un accident, il a fait une fausse déclaration sur l’état du véhicule.
Pour démontrer qu’il y a eu fausse déclaration, vous devez montrer que :
le vendeur a fait une déclaration fausse ou trompeuse,
il savait — ou aurait dû savoir — que la déclaration était fausse ou trompeuse, et
vous vous êtes fié à la fausse déclaration au moment d’acheter le véhicule.
Pour démontrer que le vendeur aurait dû savoir que sa déclaration était fausse ou trompeuse, vous pouvez dire que :
il a fait la déclaration de façon insouciante — il a avancé cette affirmation sans savoir si elle était vraie ou fausse, ou
il n’a pas fait preuve de diligence raisonnable pour s’assurer que la déclaration était exacte et ni fausse ni trompeuse.
Lorsqu’un vendeur prétend être dans l’ignorance
Il ne suffit pas qu’un vendeur dise simplement : « Hé, je ne le savais pas. » S’il aurait dû savoir que quelque chose qu’il a dit au sujet du véhicule était faux ou trompeur, cela peut suffire pour qu’il s’agisse d’une fausse déclaration.
Si le vendeur a enfreint la garantie légale ou a fait de fausses déclarations au sujet du véhicule, vous avez des options :
Vous pouvez demander au vendeur de payer toute réparation. (En général, vous ne pourrez pas demander une réparation si elle coûte plus cher que ce que vous avez payé pour le véhicule.)
Vous pouvez annuler l’entente, retourner le véhicule et demander à être remboursé. Agissez immédiatement si vous voulez choisir cette option. Si vous attendez, il devient plus difficile de prouver qu’un défaut est la cause du problème, et non simplement l’usure normale.
Vous pouvez demander un rabais si vous voulez quand même garder le véhicule.
Vous avez aussi droit au remboursement d’autres dépenses qui « découlent directement et naturellement » de toute violation de la garantie légale ou de fausses déclarations. Par exemple, si vous avez dû payer pour faire remorquer le véhicule après une panne, il s’agirait d’une dépense découlant directement et naturellement de la violation de la garantie légale.
Résoudre le problème
Une fois que vous comprenez vos droits et vos options sur le plan juridique, décidez du résultat que vous recherchez. Voulez-vous faire réparer le véhicule? Voulez-vous retourner le véhicule et obtenir un remboursement? L’un ou l’autre de ces résultats vous convient-il?
Lorsque vous décidez si vous préférez une réparation ou un remboursement, pensez à la possibilité que le problème mène à des problèmes plus graves.
Si le problème n’a pas besoin d’être réglé (par exemple, il y a un problème avec une fonction que vous n’utilisez pas, comme la radio), vous pourriez plutôt demander un rabais au vendeur.
Communiquez avec le vendeur dès que vous remarquez le problème.
Expliquez clairement ce qui ne va pas. Faites-lui savoir que vous comprenez ce à quoi vous avez droit. Dites-lui le résultat que vous cherchez à obtenir.
Selon la situation, vous pourriez dire quelque chose comme ceci :
« En vertu de la Sale of Goods Act (Loi sur la vente de marchandises), ce véhicule devrait durer pendant une période raisonnable et correspondre à sa description. Il y a eu atteinte à mes droits parce que le véhicule que vous m’avez vendu ne respecte pas ces conditions. J’aimerais que vous corrigiez la situation en me remboursant ou en réparant le véhicule à vos frais. »
Prenez le temps de réfléchir à toute offre avant de l’accepter ou de la refuser.
S’il y a des discussions au sujet de la réparation du véhicule, envisagez d’obtenir trois devis pour les travaux. Cela pourrait vous mettre plus à l’aise que de laisser le vendeur choisir quelqu’un.
Conservez une trace de vos conversations et de votre correspondance. Assurez-vous d’obtenir par écrit toute entente conclue verbalement.
Si le fait de discuter de la situation avec le vendeur ne règle pas le problème, l’étape suivante est d’envoyer une lettre de plainte au vendeur. Nous offrons un outil que vous pouvez utiliser pour vous aider à rédiger votre lettre. Il comprend une terminologie juridique et peut aider le vendeur à comprendre que vous connaissez vos droits. Il est aussi offert sous forme de modèle de lettre que vous pouvez télécharger.
Gardez une copie de la lettre pour vous. Si vous le pouvez, envoyez la lettre par courrier recommandé ou par messagerie. Ainsi, vous aurez une preuve que le vendeur l’a reçue.
Si vous n’arrivez toujours pas à résoudre le problème en suivant les étapes ci-dessus, votre prochaine étape pourrait être d’entreprendre une action en justice. Selon la situation, vous pouvez envisager de poursuivre l’autre partie pour violation du contrat (en invoquant la garantie légale) ou pour fausses déclarations.
Si votre demande est de moins de 5 000 $, vous pouvez la présenter au Tribunal de résolution civile. Il s’agit d’un système en ligne conçu pour être utilisé sans l’aide d’un avocat.
Si votre demande est de moins de 35 000 $, vous pouvez poursuivre devant la Cour des petites créances. C’est plus rapide et moins compliqué qu’une poursuite devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Vous devez présenter votre demande à la Cour suprême si vous réclamez plus de 35 000 $.
Si vous décidez de poursuivre, notez qu’il existe des délais pour intenter une poursuite. Selon la situation, vous pouvez prendre certaines mesures pour prolonger ces délais et préserver vos droits.
Un avocat peut vous expliquer vos options et vous aider à choisir la meilleure façon d’agir. Si vous n’avez pas d’avocat, il existe des options d’assistance légale gratuite ou à faible coût.
Une option plus rapide et moins coûteuse que le tribunal
Pour les réclamations de moins de 5,000 $, vous pouvez faire une demande pour régler votre différend avec le Tribunal de résolution civile. En tant que tribunal, c’est comme un tribunal judiciaire, mais moins officiel. Le processus se déroule entièrement en ligne et est conçu pour être utilisé sans avocat.
Questions fréquentes
Non. En C.-B., lorsque vous acceptez d’acheter un véhicule d’occasion, il n’y a pas de droit légal général d’annuler dans un certain délai. Mais vous avez quand même des recours juridiques si, par exemple, le vendeur présente faussement le véhicule ou si le véhicule n’est pas raisonnablement durable. Voyez ce que vous devriez savoir ci-dessus.
Le Canada n’a pas de « lemon laws » pour les véhicules défectueux comme c’est le cas aux États-Unis. De nombreux États américains ont des lois qui donnent aux acheteurs des recours juridiques s’ils achètent un véhicule qui se révèle plus tard gravement défectueux, ou un « citron ». Cependant, la garantie légale expliquée ci-dessus est la principale loi au Canada qui protège les acheteurs qui ont des problèmes avec des véhicules défectueux qu’ils ont achetés.
Lorsque vous avez acheté le véhicule d’occasion, s’il était encore couvert par la garantie du fabricant, vous pourriez faire une réclamation au titre de cette garantie pour faire corriger tout problème. Toute garantie du fabricant n’a aucune incidence sur vos droits en vertu de la garantie légale.
Si un odomètre est modifié, débranché ou remplacé afin d’induire un acheteur en erreur au sujet du kilométrage du véhicule, on parle de fraude à l’odomètre. Il s’agit d’une infraction criminelle. Cela peut aussi aider à prouver que le vendeur a donné une fausse représentation du véhicule.
Notez qu’il n’est pas illégal de remplacer un odomètre endommagé. Toutefois, la lecture de l’odomètre doit être consignée avant qu’il soit remplacé ou réparé.
Un pourcentage important des annonces qui semblent avoir été publiées par des vendeurs privés sont en réalité publiées par des vendeurs sans permis. Un vendeur sans permis est une personne qui gagne de l’argent en vendant des véhicules, mais qui n’est pas un concessionnaire autorisé. Toute personne qui vend cinq véhicules ou plus par année est habituellement automatiquement considérée comme un concessionnaire automobile en vertu de la loi de la C.-B.. Une personne qui vend moins de cinq véhicules par année peut quand même avoir besoin d’un permis si elle vend des véhicules pour en tirer un revenu.
Ces conseils pour reconnaître un vendeur sans permis peuvent vous aider à déterminer si vous avez acheté auprès d’un vendeur sans permis.
Si vous avez acheté un véhicule d’occasion d’un vendeur sans permis et qu’il y a un problème, votre seule option est souvent d’intenter une action en justice. Cependant, il existe une façon d’aider les acheteurs futurs. Vous pouvez signaler le vendeur sans permis à la Vehicle Sales Authority of BC (autorité des ventes de véhicules de la C.-B.) au moyen de son formulaire pour signaler un vendeur sans permis. Vous pouvez faire le signalement de façon anonyme.
Qui peut vous aider

Clinique juridique Everyone Legal de Access Pro Bono
Les juristes offrent des services abordables à tarif fixe pour divers problèmes juridiques de la vie courante.

BC Legal Referral Service (Service d’aiguillage juridique de la C.-B.)
Vous aide à entrer en contact avec un avocat, un notaire ou un parajuriste pour une consultation gratuite de 15 à 30 minutes afin de voir si vous voulez l’embaucher.

Répertoire juridique de la C.-B.
Cherchez un avocat par collectivité, domaine de droit ou langue parlée. De la Canadian Bar Association, BC Branch.
